À la mémoire de...

Le site Web d’AWARE est dédié avec beaucoup d’amour à Vera Madden.

Une femme remarquable

Vera Madden fut une femme remarquable, extraordinaire et courageuse qui, pendant près de 15 ans, joua un rôle intégral dans notre travail. Elle est décédée subitement et tragiquement le 9 mars 1999, à l'âge de 72 ans. Quiconque l’a rencontrée, ne fut-ce qu’une seule fois, ne l’oubliera jamais. Les personnes qui ont eu le privilège de la connaître et de l’aimer en garderont toujours un souvenir précieux.

Le nom d’AWARE

L’impact de Vera sur AWARE a été profond et incommensurable. Il imprégnait notre travail dans son intégralité. Il revenait à Vera de trouver un nom coloré et mémorable pour chacun des nouveaux projets que nous entreprenions. En fait, c’est elle qui composa l'acronyme AWARE. Si nous avions besoin d’une personne pour échanger avec le grand public, nous nous tournions vers Vera – non pas parce qu'elle était flagorneuse, mais parce c’était véritablement la femme la plus charmante qu'on puisse jamais espérer rencontrer et que les gens l'aimaient automatiquement et immédiatement.

Un esprit généreux

Vera se qualifiait elle-même de « preuve no 1 » d’AWARE. J’en suis venue à la rencontrer au début de 1980, alors qu’elle tentait de surmonter un problème d’alcool, ce qu’elle parvint à faire avec beaucoup de succès. Elle m’aida à mettre sur pied un groupe d’entraide local pour les femmes aux prises avec des problèmes de consommation de substances. Le groupe existe toujours. Elle en fut l’une des animatrices et la principale force motrice pendant bien des années. Elle faisait montre d’une fiabilité à toute épreuve. Elle adorait s’occuper des femmes du groupe et les mettre à l’aise. Pour ce faire, elle avait d’ailleurs un formidable talent, en raison de son esprit pénétrant (et à l'humour très sec), de sa vive intelligence et de son esprit de générosité sans limites.

La mise sur pied d’AWARE

En 1985, nous avons mis sur pied le groupe AWARE. Vera assista à notre première réunion de planification en juillet de cette année-là. Elle vint à notre première réunion du conseil d’administration après notre constitution en personne morale en 1989. Et assista à toutes les réunions suivantes du conseil d’administration, jusqu'à son décès. Elle était aussi notre principale bénévole, donnant plusieurs heures de son temps par semaine pour nous aider à distribuer et à poster nos publications, à répondre au téléphone et à donner un coup de pouce pour les tâches de soutien général. Elle s'occupait aussi de nous comme une mère, à sa manière inimitable. Nous l'adorions.

L’histoire de Vera

L’histoire de Vera a aussi été marquée d’une grande tragédie – le décès de son fils chéri et malade, David. Vera prit soin de lui à la maison pendant 16 ans, jusqu’à sa mort au milieu des années 1960. Ce décès lui brisa le cœur et elle ne s'en remit vraiment jamais. C’est à la suite de la mort de David que son problème d’alcoolisme s’intensifia. On lui avait aussi donné divers médicaments sur ordonnance, des barbituriques pour la plupart et, plus tard, des benzodiazépines et des antidépresseurs. On lui prescrivit diverses combinaisons de ces médicaments jusqu’à sa mort. Bien que Vera ait fait plusieurs tentatives pour réduire ou éliminer ces médicaments, son sommeil était tellement perturbé qu’il semble qu’elle ait toujours eu besoin d’aide pour dormir.

Son legs public

 En raison de sa consommation de médicaments sur ordonnance, Vera était fermement déterminée à ce que d’autres femmes âgées aient les renseignements dont elles avaient besoin pour consommer ces médicaments en toute sécurité. Par conséquent, elle devint coauteure d’une des plus importantes publications d’AWARE, A Book for Older Women about Safe Drug Use.  Ce livre constitue le legs le plus public de Vera. Comme il visait les femmes âgées, il s’agissait du projet qui lui tenait le plus à cœur. Pendant deux ans, nous nous sommes assises côte à côte devant l’ordinateur. Toute la journée, nous rédigions le texte et en faisions le formatage. Nous avons parlé à plus de 200 femmes âgées et avons rencontré beaucoup beaucoup de groupes, pour avoir leurs commentaires.

Les femmes âgées

Après la publication du livre, Vera se chargea de sa distribution nationale. Elle coltina plus de lourds colis au bureau de poste que nous n’avons pu en compter. Elle convainquit même les employés de Postes Canada de l'aider à sortir les colis de sa voiture et à les transporter. Et cela ne figure très certainement pas dans leur description de tâches...

Notre bénévole la plus plus importante

AWARE est formidable, mais il s’agit d’un petit organisme au budget dérisoire et nous dépendons vraiment de nos bénévoles. Et Vera était la plus importante de toutes. Pendant de nombreuses années, elle se chargea de la distribution de nos différentes publications et ressources. Elle a consacré d’innombrables heures de bénévolat à ces fonctions, à commencer par l’interprétation de notre écriture (me rappelant avec acrimonie combien mes notes manuelles étaient illisibles), l’emballage des commandes (en se plaignant que le fabricant produisait des enveloppes rembourrées de plus en plus petites chaque fois que nous en commandions), la pesée de chaque colis (en ronchonnant que les chiffres de la balance numérique étaient trop petits pour qu'elle puisse les lire) et, finalement, le calcul des frais de poste à partir de notre machine à affranchir (je vous laisse imaginer la façon dont elle exprimait son opinion sur les augmentations de frais d’affranchissement).

Le désir d’aider autrui

La générosité de Vera est son trait de personnalité dont je me rappellerai plus – sa disposition à partager, son désir d’aider autrui, tous ces cadeaux qu’elle m’a faits au fil des ans, les gros comme les petits. Vera ne pouvait tout simplement pas se désintéresser d’une personne dans le besoin. Par exemple, elle donnait toujours de l’argent à quiconque demandait de la monnaie dans la rue. Quelques semaines à peine avant sa mort, en se rendant au centre-ville, elle croisa un jeune qui demandait de la monnaie. Comme elle n’en avait pas, elle remonta la côte pour retourner au bureau, cambriola notre petite caisse d’une pièce de deux dollars et dévala la côte, s'empêtrant dans la neige, pour remettre la pièce au jeune. En passant, elle nous remboursa notre deux dollars.

À la mémoire de Vera

Tous les jours, quelque chose nous rappelle Vera dans notre bureau. Elle nous manque cruellement à toutes. Peut-être est-ce à moi qu'elle manque le plus, mais elle demeure dans mon cœur pour toujours.

Wendy Reynolds, au nom de toutes les membres d'AWARE

In Memory of  Vera Madden